Au delà de la Rive

Au delà de la Rive

GEORGES ACAMPORA (Fils de BEO) Hommage

Hommage à Georges Acampora,



 

 

Pensée pour "Georgio", l'autre enfant chéri de Bab El-Oued, symbole de l'engagement, de la modestie et de la probité. Il est resté fidèle à BEO (Bab El-Oued) même pendant les années de braises.

À l'heure où le cimetière de Saint-Eugène s’apprête à accueillir Roger Hanin, un autre enfant de Bab El-Oued -gorille comme Navarro- s'y repose depuis février 2012. Hasard du calendrier, Georges Acampora -"Georgio" pour les intimes- s'éteignait 55 ans jour pour jour après l'exécution de son ami et compagnon de lutte Fernand Iveton (11 février 1957 - 11 février 2012).

Si la silhouette de "Georgio" ne parade plus au bas du cinéma Le Plaza, la mémoire du défunt n'en finit pas de cultiver l'imaginaire du quartier. Plus que jamais, "Georgio" reste présent dans les cœurs et son nom immortalise à jamais un exemple de vertu, la vertu personnifiée.

Militant du Parti Communiste Algérien (PCA), "Georgio" a dédié sa vie à l’Algérie. Il a milité au service de l’indépendance algérienne en choisissant la voie de la lutte armée sous la bannière des Combattants De la Libération (CDL) avant de militer en FLN à la faveur de l’accord entre le Front et le PCA. Membre des groupes de chocs, il a participé à l’attaque du commissariat de la Redoute (El-Mouradia). Arrêté, il est condamné à mort.

À l’indépendance, "Georgio" choisit de veiller sur la sécurité des Algériens sous la bannière de la Protection civile. Officier subalterne, il gravit -par la force du mérite avec un grand M- les échelons supérieurs pour terminer lieutenant-colonel. L’Algérie lui doit l’organisation d’un corps professionnel qui, avec plus de hauts que de bas, a réussi à juguler les périls industriels et naturels. Autre mérite, la protection civile lui doit aussi d’avoir formé des promotions entières d’agents.

Intègre dans l’âme, il est resté, une carrière durant, un enfant du peuple, un humble qu’aucune tentation ne saurait corrompre. Les voisins que nous étions et, au-delà, tout Bab El-Oued se rappelleront pour l’histoire de sa mémorable Renault 4 rouge. Quand d’autres cadres de la Fonction publique changeait les voitures de fonction comme on change de pantalons, "Georgio" restait attaché, des années durant, à la "R4". À force de survivre au poids du temps et à l’usure, la bagnole "El-Hamra" de "Georgio" est devenue un objet fétiche, l’un des signes emblématiques de Bab El-Oued. Elle s’éclipsait à l’aube de la rue Condorcet pour revenir le soir, preuve s’il en est que "Georgio" était pleinement engagé dans le travail et allergique à l’absentéisme.

"Bab El-Oued dans l’âme", proche des modestes qu’il s’est efforcé d’aider de son mieux, "Georgio" se sentait à l’aise, très à l’aise au milieu des siens. Quand nombre de cadres, crédités de logements, prenaient congé de Bab El-Oued, "Georgio" avait préféré un bail définitif avec son "F4" de la rue Condorcet. Pour tout l’or du monde, il n’était pas disposé s’éclipser de son quartier natal. Même au plus fort du terrorisme, il est resté chez lui avec de brèves escapades en France. "Georgio" le communiste ne risquait rien car il était protégé par son courage de militant qui a défié les ultras. Il était protégé par le peuple de Bab El-Oued qui, à l’image de toute l’Algérie, a résisté contre la bête immonde. "Georgio" était à Bab El-Oued ce que Bab El-Oued était à "Georgio".

À son départ sans retour, il a été salué par des youyous. Comme un grand!

 

 

 

 

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22/02/2015
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