Au delà de la Rive

Au delà de la Rive

LA LEGENDE DE BINETTE

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Naufrage du Banel dans la baie de Souahlia (1802)

Introduction

Le naufrage du " Banel " dans la baie de Goussine : 15 janvier 1802

En janvier 1802, un navire français, le " Banel ", fit naufrage sur la côte, au cours d'une tempête qui dura plusieurs jours. Ce navire transportait des troupes à Saint-Domingue, où le frère du 1er Consul se trouvait en difficulté.

Bonaparte menaça le Dey Mustapha de venir lui-même récupérer son monde s'il ne faisait rien pour retrouvés les naufragés. Une partie des hommes fut sauvée par le Bey d'Oran, Mohammed Mekalech (fils du Bey Mohammed Al Kebir qui avait repris définitivement Oran aux Espagnols). Mais il manquait du monde, spécialement plusieurs femmes. La littérature orale a, semble-t-il (1), un peu transformé l'histoire : ces femmes sont devenues plus au moins des religieuses. L'une d'entre elles, " Imma Benet ", aurait eu beaucoup d'influences sur les Beni Haoua. Si ces femmes étaient jeunes en 1802, elles ont très bien pu assister aux premiers évènements de l'occupation française. Sur le terrain même, histoire et légende ne sont pas toujours facilement séparables. Il faut ajouter à cela que les archives de Toulon, port de départ du Banel, furent transportées à Brest où elles ont disparu au cours des bombardements aériens de la seconde guerre mondiale.

1- (Voir enquêtes et travaux de Mme Alberte Sadouillet-Périn , qui est remontée aux sources : - la mémoire des anciens des Beni Haoua, avec l'aide de Si Al Hossine Ben Henni Moqrane, - les résultats de son enquete, Mme S- P les a consignés dans divers articles, puis dans un roman, " Les captives du Banel ", Paris, Centurion, 1954, paru également dans l'hebdomadaire algérois " l'éffort algérien ", du 15/04 au 15/07/1954.

 

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Les Beni Haoua et les Beni Hidja dans l’alliance turque

Dans l'alliance turque,les Beni Haoua et les Beni Hidja formaient une sorte de Micro- Confédération de tribus :une partie des Beni Derdjine, au sud, et douar Maïn, à l'ouest, se rattachaient à eux.

A l'est, la limite était l'oued Damous ; au-delà commençait la confédération des Zatima.

Pour l'administration turque, c'était des tribus semi indépendantes dont elle reconnaissait les chefs pour ne pas les avoir contre elle.

Cet Aghalik dépendait en théorie du Bey d'Oran.

Cet Aghalik des Beni Haoua et des Beni Hidja était Commandé, en ce début du XIXe siècle, par l'Agha Si Al Hajj Abd-al- Qader Ben Henni, surnommé " Al Moqrane " ( Al Kébir, l'aîné), qui était également Caïd de sa tribu.

Le Caïd des Beni Hidja, dépendait de l'Agha, mais nommait lui-même les chefs de " ferqa " de sa tribu. Les noms des ferqa (fractions) étaient déjà ceux que nous connaissons.

Correspondance des Deys d'Alger avec la Cour de France

Mr. Dubois-Thainville, chargé d'affaires à Alger au Dey Mustapha

Alger ventôse an X (Avril 1802

 

 

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              VIDEO

      Le naufrage de Banel ou la légende de Yemma Bennett" Ahmed Benkamla (1993)

               

                  Commentaire: Farid Mammeri
                  Voix-Off: Khaled Louma
                  Production: Télévision algérienne et France 3 Méditerranée 

                  Il s'agit d'un navire qui fit naufrage en janvier 1802 sur la côte algérienne.

                  Des survivants, et notamment quelques femmes, religieuses semble-t-il, furent recueillis par la population de Benir Haoura. L'une d'entre elles, la Mère Binette, devint Yemma Bennett, respectée comme un marabout dans la région.

                  • Musique

                    • "Prélude de flûte" de Taos Amrouche, Hmaoui Abdelhamid & Saidji Mohamed ()

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                      Le vaisseau français Le Banel portant 200 marins, 529 militaires et 9 femmes, ayant à bord des munitions de guerre et de bouche, s'est perdu le 25 nivôse dernier (15 janvier) sur les côtes de Barbarie (1).

                      Les rapports qui me sont parvenus sur cet évènement font frémir.

                      Les habitants des contrées où le naufrage a eu lieu se sont portés aux attentats les plus inouïes ; ils ont employé les moyens les plus barbares pour s'opposer au salut des Français, ils ont brisé les embarcations, détruit les radeaux, coupé les cordes q'on été parvenu à attacher à terre; ils ont pillé, dispersé l'argent et une partie des effets qui se trouvaient sur le bâtiment.

                      Les Français qui ont échappé à la fureur de la mer ont été dépouillé, mis nus par le froid le plus rigoureux, assassinées ou traînés impitoyablement dans les montagnes.

                      Plus de 200 ont péri de la main des barbares, et leurs cadavres sont encore étendus sur le rivage et sur la route d'Oran.

                       

                       

                       

                       

                       

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                      Plusieurs naufragés du nombre desquels se trouvent être trois femmes, le Comte Noyer, officier, et plusieurs mousses sont encore au pouvoir des Kabyles.

                       

                         

                      le s traités de la République avec la Régence et particulièrement celui de 1689, qui vient d'être renouvelé par son Excellence le Dey (2), portent que tout bâtiment français échouant sur les côtes d'Afrique recevra secours, protection et sûreté ; que les hommes, les effets et les marchandises seront respectés. Les naufragés étaient donc sous la sauvegarde des conventions les plus sacrées. Dans cette circonstance tout est devenu la proie des assassins, et les français ont trouvé sur une terre amie la mort et l'esclavage les plus affreux. Un d'eux a, dit-on, embrassé la religion musulmane. L'article 19 du traité de 1689 S'exprime ainsi : " Si un français veut se faire Turc, il n'y pourra être reçu qu'au préalable il n'ait persisté trois fois 24 heures dans cette résolution, pendant lequel temps il sera mis en dépôt entre les mains du Consul.

                      Toutes les mesures protectrices ont sans doute été ordonnées par la régence d'Alger dans cette circonstance malheureuse, et je pris son excellence Dey et tout les Grands d'agréer les témoignages de ma plus vive reconnaissance, mais ils jugeront sans doute que de nouvelles dispositions et réparations proportionnées à la gravité des attentats sont indispensables.

                      Je réclame, au nom et d'après les ordres de Bonaparte, Premier Consul de la République française : " 1° - la punition exemplaire des assassins, 2°- la restitution de tous les effets saisis par eux, 3°- la délivrance immédiate des Français qui sont encore en leur pouvoir, 4°- Je demande que les Français reçoivent la sépulture, 5° - Que, conformément à l'article 19 du traité de 1689, le Français qui a témoigné le désir d'embrasser la religion musulmane soit envoyé ici, ou déposé à Oran dans la maison du Vice- Consul d'Espagne. Il sera rendu à l'expiration des trois jours, s'il persiste dans sa résolution (3).

                      Dubois- Thainville

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                      NOTES:

                      (1) Le Banel, commandé par le capitaine Callamand, transportait des troupes de Toulon à Saint-Domingue, et il avait échoué sur la côte du cap de Tenez. Les naufragés avaient été dépouillés et maltraités par les hordes insoumises de ces parages, et le Bey d'Oran (Mohammed Mekallech [1799-1805]), fils du Bey Mohammed al Kabir qui reprit Oran (1798), et père de Mekallech que les Français nommeront bey de Tlemcen en 1842, avait gardé en esclavage les hommes de l'équipage qui avaient pu se soustraire au massacre de leurs compagnons.

                      (2) L'original de ce traité est aux archives des Affaires étrangères, Salle des Traités. Il a été publié dans les recueils de MM. Martens, Tétot et de Clercq. Il stipulait la liberté de commerce comme avant la rupture, la suppression de l'esclavage des Français à Alger, la restitution des Concessions d'Afrique, l'exemption d'une année de redevances, et le remboursement des sommes respectivement dues par la France aux Bacri et par la Régence à la Compagnie d'Afrique dépossédée de ses comptoirs.

                      (3) Talleyrand (ministre des Affaires étrangères, (1797-1807), félicita notre Consul de l'énergie et de l'efficacité des mesures prises pour venir au secours des naufragés et les arracher à la férocité des Arabes. Il le pria d'exiger qu'il fût fait des recherches jusqu'à ce qu'il fût certain que tous les survivants du Banel fussent délivrés. Voy. Lettre du citoyen Talleyrand au citoyen Dubois-Thainville, le 23 messidor an X. On doit dire que Dubois-Thainville avait refusé de donner des présents à Mustapha, après la signature du dernier traité de paix, et que cette raison motivait la mauvaise humeur avec laquelle le Dey avait accueilli les réclamations verbales de notre représentant. Voy. Discussion relative aux prétentions du Dey à des présents de la République française. (Moniteur universel, an IX, n° 829).

                      Bonaparte, Premier Consul de la République Française à Mustapha, Dey d’Alger

                            Paris, le 29 messidor an X (18 juillet 1802)

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                                  Grand et magnifique Dey

                                  Je vous écris cette lettre directement parce que je sais qu'il a de vos Ministres qui vos trompent (1), et qui vous portent à vous conduire d'une manière qui pourrait vous attirer de grands malheurs (2). Cette lettre vous sera remise en mains propres par un Adjudant de mon ¨Palais (3). Elle a pour but de vous demander réparation prompte, et telle que j'ai droit de l'attendre des sentiments que vous avez toujours montrés pour moi. Un officier français a été battu, dans la rade de Tunis, par un de vos reïs (3 bis). L'agent de la République a demandé satisfaction et n'a pu l'obtenir. Deux bricks de guerreont été pris par vos corsaires, qui les ont amenés à Alger et les ont retardés dans leur voyage (4). Un bâtiment napolitain a été pris par vos corsaires dans la rade d'Hyères, et partant ils ont violé le territoire français (5). Enfin un vaisseau qui a échoué cet hiver sur vos côtes, il me manque encore plus de 150 hommes qui sont entre les mains des barbares (6). Je vous demande réparation pour tous ces griefs, et ne doutant pas que vous ne preniez toutes les mesures que je prendrais en pareille circonstance, j'envoie un bâtiment pour reconduire en France les 150 hommes qui me manquent. Je vous prie aussi de vous méfier de ceux de vos Ministres qui sont ennemis de la France. Vous ne pouvez pas avoir de plus grands ennemis, et si je désire vivre en paix avec vous, il ne vous est pas moins nécessaire de conserver cette bonne intelligence qui vient d'être rétablie, et qui seule peut vous maintenir dans le rang et dans la prospérité où vous êtes, car Dieu a décidé que tous ceux qui seraient injustes envers moi seraient punis.

                                  Si vous voulez vivre en bonne amitié avec moi, il ne faut pas que vous me traitiez comme une Puissance faible ; il faut que vous fassiez respecter mon pavillon, celui de la République italienne où je commande, et que vous me donniez réparation de tous les outrages qui m'ont été faits. Cette lettre n'étant pas à une autre fin, je vous prie de la lire vous-même et de me faire connaître, par le retour de l'officier que je vous envoie, ce que vous aurez jugé de faire (6).

                                   

                                  Bonaparte.

                                   

                                   

                                   

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                                  NOTE:

                                  (1) Allusions aux intrigues du Vekilhardj, des Juifs Bacri et des Anglais. Ces derniers encourageaient les troubles suscités contre nos pêcheurs de corail par le rebelle Ben-Harch-el-Bouali, qui avait soulevé toute la province de Constantine. Voy. Histoire de Gigelli, par Féraud (Recueil de la Soc. archéol. de Constantine).

                                  (2) Mustapha avait menacé Dubois-Thainville de le faire embarquer avec tous les Français s'il ne lui donnait pas, dans un le délai de 40 jours, 200 000 piastres qu'il disait avoir été contraint de payer au Grand Seigneur pour avoir procuré des subsistances au Directoire.

                                  (3) Bonaparte fit partir de Brest, le 8 juillet 1802, les vaisseaux Le Scipion et Le Duquesne, la corvette La Tactique et le brick Le Furet, commandés par le Vice- Amiral Leyssègues et conduisant à Alger l'Adjudant Hulin. D'après ses instructions, cet officier devait déclarer au Dey que le Premier Consul désirait bien vivre avec lui, mais qu'il n'avait jamais capitulé avec l'honneur, et que si Mustapha ne donnait pas des ordres pour que l'on respectât le pavillon français, Bonaparte était capable d'aller lui-même à Alger. " Si jamais le Dey se conduisait avec violence, car on doit tout attendre d'un barbare, le citoyen Thainville en s'en allant en instruirait l'Amiral, qui a ordre de bloquer Alger. " - De son côté l'Amiral Decrès, ministre de la Marine, reçut l'ordre de rassembler dans la Méditerranée 40 Vaisseaux de guerre, pour être prêts à agir suivant les circonstances contre les Régences de Tunis et d'Alger, " qui n'avaient pas pour le pavillon de la République le profond respect et les égards que le Premier Consul était dans l'intention qu'elles eussent ". Voy. Lettres du Premier Consul au citoyen Talleyrand, les 27et 29 messidor an X (…) Correspondance de Napoléon 1er, t. VII, pp. 665et 666. "

                                  (3 bis) " Vous exigerez impérieusement la tête du reïs qui s'est permis de faire bâtonner un capitaine français et de traiter son équipage avec la dernière indignité. Vous ferez entendre à la régence qu'elle se doit à elle-même se sévir contre le coupable de manière à prévenir désormais de pareils excès. " - Lettre du citoyen Talleyrand au citoyen Dubois-Thainville, le 23 messidor an X. "

                                  (4) Le Necker et La Marie avaient été conduits à Alger par Hassan- reïs, sous prétexte que leurs capitaines n'avaient pas montré leurs passeports. Ces bricks étaient chargés de provisions pour l'armée française à Tarente ; la cargaison avait été vendue et les 8 hommes d'équipage gardés plusieurs jours comme esclaves. "

                                  (5) La polacre napolitaine Saint Louis de Gonzague, partie de Corfou des îles d'Hyères ; la cargaison avait été vendue et les 38 hommes d'équipage emmenés en captivité. "

                                  (6) Hulin avait reçu l'ordre d'exiger une réponse article par article.

                                  Mustapha Dey d'Alger , a Bonaparte premier consul de la République Française

                                   

                                   

                                   

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                                  Alger, le 12 août 1802.

                                      De la part du très haut Seigneur Mustapha, Sultan d'Alger, la ville bien gardée, à notre compagnon et notre ami Bonaparte, Premier Consul, Souverain de la République française et de la République italienne. Je vous salue. La paix de Dieu soit avec vous !

                                      Ci-après, notre ami, je vous avertis que j'ai reçu par l'intermédiaire d'un Général de votre garde et par celui de votre Chargé d'affaires Dubois-Thainville votre lette en date du 29 messidor ; je vais vous répondre article par article.

                                      Premièrement, ma réponse est que je désire vous satisfaire sur tous les points (1). Quant au Capitaine Ali, dont vous vous plaignez, quoiqu'il ne soit pas du nombre de mes gens, je l'ai fait arrêter et garrotter pour lui ôter la vie sur-le champ, et dans le moment où j'en avais donné l'ordre, votre Chargé d'affaires et venu Il et m'a demandé sa grâce en votre nom ; je la lui ai accordée en votre faveur et je l'ai mis en liberté.

                                      Secondement, vous vous plaigniez de la prise d'une polacre napolitaine sous le canon des côtes de France. Ce fait vous à été rapporté d'une manière qui n'est point vraie ; cependant, par égard pour vous, j'ai affranchi les 28 matelots qui s'y trouvaient et je les ai fait remettre entre les mains de votre Chargé d'affaires.

                                      Troisièmement, vous réclamez le navire napolitain qu'on dit etre sorti de Corfou avec des papiers français, il n'a point montré ces papiers, mais en votre faveur j'ai affranchi les matelots de ce navire, et ce je les ai remis à votre Chargé d'affaires.

                                      Quatrièmement, vous m'aviez demandé de faire arrêter le Capitaine qui a emmené deux navires de la République française ; par considération pour vous je l'ai destitué, mais je dois vous informer que mes Capitaines ne savent pas lire et que, de tous les écrits chrétiens, ils ne connaissent que les passeports d'usage. Telle la cause de leur erreur dans cette affaire. Il convient que vous donniez ordre aux négociants de prendre avec eux quelques signes distinctifs pour que mes gens puissent les reconnaître.

                                      Cinquièmement, vous réclamez 150 personnes qui ont été, à ce qu'on dit, jetés sur la côte à la suite d'un naugrage. Dieu a disposé de leur sort et il n'en reste pas un seul. ; ils sont tous perdus. Tel est l'état des choses.

                                      Sixièmement, vous dites que les hommes qui se sont emparés de ma confiance mettent le trouble entre vous et moi ; mais nous sommes amis, notre amitié est sincère et ancienne, et tous ceux qui s'interposent entre nous sons des amis communs.

                                      Septièmement, vous désirez que nous soyons amis avec la République italienne et que nous respections son pavillon comme le vôtre. Vos intentions seront remplies ; si tout autre que vous nous l'avait demandé, nous n'aurions pas accordé cet article.

                                      Huitièmement, vous ne voulez pas m'envoyer les 200 000 piastres que j'avais demandées en indemnité des pertes que j'ai essuyées par rapport à vous, et conformément aux promesses de votre Chargé d'affaires, mais soit que vous nous accordiez ou que vous nous refusiez cette somme, nous n'en serons pas moins amis.

                                      Neuvièmement, je me suis entendu avec notre ami, le Chargé d'affaires Dubois-Thainville, relativement aux affaires de la Calle et à ceux qui viennent pêcher le corail. La Compagnie d'Afrique pourra travailler comme auparavant ; j'ai ordonné au Bey de Constantine de la protéger.

                                      Dixièmement, j'ai fait tout ce que vous désiriez pour vous satisfaire sur tout ce que vous demandiez ; je vous prie d'en agir réciproquement de même à mon égard.

                                      Onzièmement, apprenez que je vous respecte et donner des ordres pour ceux qui sont mes ennemis ne puissent naviguer sous votre pavillon ni sous celui de la République italienne, afin d'éviter toute altercation entre nous, parce que je désire rester votre ami.

                                      Douzièmement, j'ai ordonné à tous mes Capitaines de respecter le pavillon français ; le premier qui emmènera un navire puni.

                                      Treizièmement, je vous prie en grâce de donner les ordres nécessaires pour qu'on termine les affaires de Bacri et de Busnach, attendu les pertes qu'ils ont essuyées pendant la réclamation de ces fonds. Je vous prie d'arranger cette affaire, ainsi que Dubois-Thainville me l'avait promis de votre part (2)

                                      Quatorzièmement, notre ami, s'il survient quelques chose entre nous, écrivez-moi vous-même et tout s'arrangera à l'amiable. " Et le salut.

                                      Ecrit à Alger, le 13 de Rebi-el-aker, l'an 1217.
                                      Mustapha Dey et Gouverneur d'Alger

                                       

                                       

                                       

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                                      NOTE :

                                      (01) - La division navale du Vice -Amiral Leyssègues arriva le 07 août 1802. Hulin demanda aussitôt une audience à Mustapha, descendit à terre, accompagné du Consul, qui était venu le saluer à bord, et de 15 officiers d'Etat- Major, et déclara que la France était prête à envoyer une armée de débarquement et à détruire Alger de font en comble. Terrifié par cette attitude, le Dey passa aussitôt à l'insolence à une différence absolue, reçut les officiers de l'escadre avec des honneurs exceptionnels dans le plus grand pavillon de ses jardins, et leur donna les plus beaux chevaux de ses écuries. Il accorda toutes les satisfactions demandées, et répondit une lettre aussi humble que celle qu'il avait reçue était hautaine. Le s Consuls étrangers, Falcon, Nordeling, Fraissinet, Bille, représentants de l'Angleterre, de la Suède, de la Hollande et du Danemark, rivalisèrent de prévenances auprès des Envoyés de Bonaparte, et donnèrent en leur honneur les plus brillantes réceptions.

                                      (2) - Bonaparte donna des ordres pour que les comptes de ces Juifs fussent examinés avec soin. Ceux-ci transmirent au Ministre une nouvelle note de leurs créances, montant à 8.151.012 f 54c.

                                       

                                       

                                       

                                   voiliers012

                                  Mama Binette: La lég naufragée.  

                                   

                                  Djamel Laâroussi chante ici l'histoire de yemma Binette. Durant son concert il nous a expliqué qu'il s'agissait d'une légende* de Beni Haoua, un petit village à mi-chemin entre Cherchell et Ténès. 


                                  Vénérée et reconnue comme un vrai marabout. Voici son histoire:

                                  En 1802, un voilier se dirigeant vers l'Amérique échoua sur la grande plage de Béni Haoua. Les secours viendront de la montagne où vivait une communauté berbère. Quelques naufragés dont sept religieuses, s'intégrèrent rapidement à la vie locale.

                                  C'est l'une d'elles qui fera l'histoire de cette région nichée entre criques sauvages et forêts.

                                  Mama Binette ; tout le monde l'appelait ainsi, veut dire en arabe "oum el bnat" (la mère des filles). A sa mort un mausolée lui a été dédié, malgré le vandalisme il existe toujours.



                                  Avec le temps son histoire s'est confondue avec l'histoire sociale et culturelle de la région, au point que des pèlerinages en arabe "Ziara" s'effectuaient jusqu'a une date récente sur son mausolée.

                                  Beaucoup a été dit sur cette femme légendaire mais il existe hélas peu de traces écrites. Cependant elle reste très présente et ancrée dans la mémoire des gens, son Histoire ayant était transmise oralement.

                                  Source.
                                   

                                   

                                  L'histoire de Mama Binete ou Ima B'nete, remonte au 19eme siècle ( 15 Janvier 1802) quand le "Banel" un vaisseau français qui debarquait du port de Toulon à destination de Saint Domingue et qui transportait 529 Militaires, 200 Marins et 9 Femmes"Nones" fit nauffrage sur nos cotes dans la baie de Souahlia à Oued Goussine tout prés de Beni Haoua à une quarantaine de Km à l'ouest de Gouraya. Dés neuf femmes, sept on pu rejoindre la plage à bord des chaloupes et recueillies par les villageois dont la Mére superieure (Yemmate lebnète) qui est devenue la femme du Caid" Cheikh el Ferka" Si Mokrane et qui s'est reconvertie à l'Islam et prenait soins de toute la population de la region. Aprés sa mort Mama Binete est enterrée dans un mausolée face à la mer sur la plage.  

                                   

                                                                                                    vehicules voiliers voiliers 6 gif 

                                   

                                   

                                   

                                   

                                   

                                   

                                   

                                   

                                   

                                   

                                   

                                   

                                   

                                   

                                  Vitaminedz - Annuaire Guide Web Algérie -  - Naufrage du Banel dans la baie de Souahlia (1802)                    

                                   

                                   

                                   

                                                                                    

                                        

                                                                                LA PRESSE ET  LA  LEGENDE DE BINET 

                                   

                                  L'Expression  

                                  le Quotidien 

                                  du:14 Août 2005 

                                  HACHEMI MOKRANE, L’INSTIGATEUR DU LIVRE DÉLIÉS

                                  Et Beni Haoua retrouvera sa légende

                                   

                                   

                                  Déliés est le titre d’un livre décliné en plusieurs expressions contemporaines, inspiré du fabuleux destin de Mama Binette. 

                                  L’Expression: Peut-on connaître la génèse de ce livre Déliés?
                                  Hachemi Mokrane: Quand j’ai été à Toulon, c’était le hasard qui avait bien fait les choses, par rapport à un lieu où s’organisait un festival sur les écritures théâtrales. Il se trouve que je me suis retrouvé là-bas pour des raisons purement professionnelles.
                                  Toulon me renvoie, bien sûr, à cette histoire de Mama Binette parce que c’est une histoire avec laquelle j’ai toujours vécu.
                                  C’est une partie de moi-même dans le sens où je suis né dans cette ville côtière, à mi-chemin entre Cherchell et Ténès, qui est le lieu de naufrage de ce bateau qui a démarré le 15 janvier 1802 à Toulon qui a échoué à ce niveau-là.
                                  Arrivé à Toulon, je ne mesurais pas auparavant l’émotion que je pouvais avoir en y étant. Mais il y a des choses que l’être humain ne peut pas contrôler. Effectivement, j’étais très ému. Je ressentais des choses auxquelles je ne m’attendais pas du tout et cela est lié à ce vécu pendant toute ma vie, de ce rapport avec cette histoire.
                                  Le hasard a fait que je rencontre lors d’un festival Laurence Huet qui a écrit le texte de ce livre qui vient de sortir. Nous avons parlé d’un peu de tout mais bien sûr, du rapport que j’entretiens avec l’histoire de la ville de Toulon qui fait que je ressens des choses qui me dépassent dans mon contrôle.

                                  Et l’aventure a commencé...
                                  Après la rencontre avec Laurence Huet, je lui ai communiqué les quelques éléments que ma famille m’a transmis et ce que j’ai toujours entendu dire de Mama Binette, surtout pendant les vacances d’été quand on allait au village Beni Haoua en famille et à la fin des vacances, quand ma mère organisait ce couscous pour les pauvres, au niveau de la tombe de Mama Binette.
                                  C’est une femme qui a cette réputation d’avoir fait que du bien, d’avoir soigné, aidé les gens. Et c’est une femme aussi, qui est devenue sainte et les personnes viennent se recueillir sur sa tombe et exprimer des voeux, notamment pour se marier, avoir des enfants, notamment des garçons... Cette bêtise humaine... Aussi, la chose a évolué.
                                  Dans les témoignages qu’on a pu avoir lors de la résidence qui a lieu en septembre 2003 avec les quatre auteurs, à savoir Laurence Huet pour le texte, Yves Jeanmougin pour la photo, Mariela Damian pour les oeuvres sonores et moi pour la calligraphie, on a appris que même les jeunes filles avant de passer le Bac se font une obligation d’aller demander l’aide de ma Binette.
                                  Donc c’est une réalité qui existe. Bien sûr, je suis anti «extrême» par rapport à cette croyance-là. La chose qui a motivé Laurence et moi-même à l’origine, c’est le fait que c’est une belle histoire, une belle source d’inspiration, une belle matière pour écrire et s’exprimer.

                                  Quelle a été la source de votre documentation pour rédiger cette histoire?
                                  Laurence et moi avons échangé plusieurs correspondances par email, moi, de mon côté, lui transmettant tous les éléments à ma disposition transmis par la mémoire orale et familiale et elle, en faisant des recherches autour du sujet.
                                  Elle a passé beaucoup de temps dans les archives militaires maritimes de la ville de Toulon et dans les archives religieuses aussi.
                                  Elle a réussi à toucher la liste des passagers, les différentes correspondances entretenues par Mama Binette. Cela est le premier stade de travail de Laurence Huet qui a consisté à approfondir son savoir par rapport à cette histoire. Par la suite, elle a commencé à écrire et au fur et à mesure, on se demandait à quoi cette écriture allait aboutir exactement. Est-ce une écriture pour le théâtre ou autre chose?

                                  Peut-on connaître ce qu’on pourra découvrir?
                                  Laurence Huet vous en parlera plus sur son contenu. Ce qui est sûr et certain c’est que ce livre n’est pas fait sur la base de l’histoire de Mama Binette. Non. Il ne faut pas raconter n’importe quoi aux habitants de Beni Haoua. C’est un livre où il y a plusieurs expressions différentes, contemporaines inspirées de cette histoire-là. Ce résultat-là, notamment sur le plan textuel, se situe entre la fiction et la réalité.
                                  Vous avez des messages que Laurence Huet a lancés à la mer, des correspondances... Cela concerne le texte de Laurence Huet qu’elle pourra développer fin septembre lors de la présentation de ce livre au Salon international du livre d’Alger, le 29 septembre à 13h au Sila, sinon le lendemain le 30 au Bastion 23, à 18h, lors d’une lecture de son texte, pour le public.
                                  Sinon dans l’ensemble du travail, tout a démarré entre Laurence Huet et moi-même par la suite en collaboration avec le photographe et l’édition Métamorphose qu’elle connaissait, pour aboutir à l’édition d’un livre - CD.
                                  Ce dernier est produit par la radio France Culture. Aussi bien la fiction que le reportage, le film documentaire de Mariéla Damian a été diffusé dans la soirée du 12 avril sur France Culture.
                                  Ce sont pleins de témoignages en rapport avec l’histoire de Mama Binette, des interviews de gens du village, des ambiances, des suppositions et notamment avec des enfants d’une école primaire pas loin de Beni Haoua.
                                  Aussi, je suis aujourd’hui ravi de la sortie de ce livre que j’ai vu il y a deux semaines sur les étals des libraires à Marseille et qui est un très bel objet.
                                  Cela grâce au soutien des différentes structures aussi bien à Marseille qu’à Alger, tels que les services culturels de l’ambassade de France et le Centre culturel français d’Alger. Maintenant mon souci personnel par rapport aux habitants de Beni Haoua est l’accessibilité du livre eu égard à son prix. Le livre coûte 30 euros et donc l’équivalent de 3000 DA en Algérie, soit un prix exorbitant. La solution que j’ai proposée est de faire une coédition avec les éditions Barzakh après traduction des textes et reporté la sortie du livre à 2006. J’ai remis le livre au ministère de la Culture qui a promis de soutenir cette coédition. L’intérêt est que le livre soit accessible aux habitants de Beni Haoua et d’Alger...

                                  Le livre est illustré également par des propos d’intellectuels algériens...
                                  Effectivement, nous pouvons trouver des témoignages et des réactions, notamment de la part de Daho Djerbal, le comédien Benguettaf et Meissa Bey, bien sûr qui a passé toute son enfance à Ténes, qui se trouve pas loin de Beni Haoua. Elle connaissait déjà cette histoire. Elle a d’ailleurs signé une très jolie préface pour le livre.
                                  A noter, que quand il y a eu lieu cette diffusion sonore le 12 avril sur France Culture, le hasard a voulu qu’Assia Djebar écoute ce soir-là l’émission...
                                  Assia, qui est de Cherchell, donc connaissant l’histoire de Mama Binette m’a demandé de lui envoyer un bouquin, chose que j’ai faite de Marseille, pour qu’elle puisse diffuser le CD à ses étudiants à New York.
                                  Lors de la résidence de travail effectuée dans le village, j’ai découvert une ville très riche dans tous les domaines, naturel, humain... mais très pauvre ne pouvant pas décoller, car elle se trouve coincée et complètement abandonnée, alors qu’elle est à 160 kilomètres d’Alger.
                                  J’ai donc profité de l’occasion que la présentation du livre soit reportée à l’année prochaine pour solliciter l’aide du ministère de la Culture afin d’organiser des rencontres, l’été 2006 à Beni Haoua. Une façon de mieux faire connaître la ville que ce soit dans le domaine culturel, scientifique, environnemental, qu’éducatif...
                                  J’ai eu l’aval du ministère et j’en suis très content car c’est une chose qui me motive, d’autant plus à mieux organiser ce projet dont la concrétisation du livre doit beaucoup aux gens de la ville, y compris population et autorités qui nous ont très bien accueillis. Je continue donc, à oeuvrer dans cette culture-là, sur la voie de Mama Binette, autant faire du bien et aider la ville, aussi bien sur le plan économique que touristique.
                                   

                                  O. HIND 

                                   

                                  El Wattan 

                                  du 13 Mai 2008 

                                  Extrait: 

                                  Henk Revis.

                                  Ambassadeur du Royaume des Pays-Bas en Algérie

                                  « Certains groupes exploitent les peurs pour des raisons politiques »

                                   

                                  De passage dans la ville de Beni Houa à Chlef, l’ambassdeur de Hollande, Henk Revis, qui a participé à l’hommage rendu aux naufragés du Banel, bateau à bord duquel se trouvaient des Hollondaises, nous a parlé des rapports fluctuants mais jamais distancés entre son royaume et les pays musulmans...

                                   

                                   

                                   

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                                  Vous étiez en visite à Beni Houa à Chlef, où vous vous êtes rendu au mausolée de Mama Binette. Pouvez-vous nous rappeler, Excellence, comment s’est déroulée la rencontre avec les probables descendants des Hollandais ?  

                                  En venant d’Oran, on a longé la côte et on s’est arrêté à Beni Houa. Là, on s’est renseigné auprès des jeunes en leur demandant s’ils étaient au courant de l’histoire du naufrage du Banel. Quelques-uns nous ont emmenés au mausolée. Cette première rencontre remonte à presque deux ans. La personne que j’ai rencontrée, un descendant du cheikh de la tribu, ayant épousé probablement Mama Binette, nous a donné le nom de son cousin qui n’est autre que Mokrane Hachemi, chargé de la communication au CCF d’Alger et descendant direct du cheikh. M. Hachemi s’était passionné pour cette histoire et a lancé des recherches en 2000. Il en résultera un livre, Déliés, avec pas mal d’informations historiques. On s’est entretenus à plusieurs reprises. Entre-temps, j’ai pris contact avec un historien en Hollande, pour qu’il fasse des recherches dans les archives nationales. Il a trouvé trois rapports rédigés par le consul de Hollande en Algérie. Des rapports assez précis sur le naufrage, rédigés à partir d’informations qu’il aurait recueillies de son collègue français ou des Turcs de la Régence. Ces trois rapports furent rédigés en six semaines. En s’y appuyant, on peut suivre le trajet du Banel depuis son départ du port de Toulon jusqu’à son naufrage, ou encore la réaction des autochtones. Des victimes, il y en a eu. La réaction des autochtones était démesurée, comme l’aurait été peut-être l’histoire donnée par le consul français. Le naufrage est raconté dans le premier rapport. Le deuxième parle des contacts avec le dey de l’époque (1802) et du consul de France. Le dignitaire a promis toute son aide et donné instruction au bey d’Oran de prêter assistance aux naufragés. Effectivement, le bey a envoyé des troupes qui ont évacué les survivants et deux bateaux les ont rapatriés. Le dernier rapport mentionne que les bateaux sont repartis avec un certains nombre de passagers dont on pouvait faire le compte. Sauf que, d’après ces mêmes rapports officiels, trois femmes ont été rapatriées, mais on sait qu’il y en avait aussi qui ont pu être accueillies par la population locale. De quelle origine étaient-elles ? La légende veut qu’elles soient toutes Hollandaises et peut-être même des religieuses, il reste que, dans nos archives, on ne trouve pas de trace.

                                  Le fait de « sauter » sur l’occasion n’était-il pas une manière de « casser » le mythe et de s’« approprier » des femmes, dont on ignore réellement l’origine ?  

                                  Non, la légende, sauf avis contraire des historiens, confirme l’origine néerlandaise de ces femmes.

                                  Quel était l’écho que vous avez eu une fois sur place ?  

                                  J’ai fait une visite dans la wilaya de Chlef en août dernier et j’ai expliqué au niveau de cette structure l’intérêt de cette action. J’ai eu l’accord des autorités et le wali s’est s’excusé de ne pouvoir venir et s’est fait représenter, lors de la cérémonie de la réception des travaux, par le secrétaire général. J’ai ressenti qu’il y avait un élan réel de la part des autorités.

                                  Des travaux ont été entamés dans le mausolée de Mama Binette, votre épouse y a pris part aussi...  

                                  Au mois de décembre, avec Hachemi Mokrane, nous avions convenu de financer la restauration du mausolée. On a eu la chance de trouver en Mme Mokrane, une architecte confirmée et professionnelle, qui a une maîtrise réelle de la chose d’ailleurs, même les entreprises locales n’ont pas démérité. On a fait faire des carreaux ici à Alger et c’est mon épouse qui a choisi dans un livre d’histoire hollandais des motifs, parce qu’on sait que les deys « raffolaient » des carreaux de Delft. Nous n’avons pas eu que des relations toujours « apaisées » depuis plus de 400 ans. Du côté algérien, on défendait une certaine souveraineté et on imposait un droit de passage aux navires qui se trouvaient au large des côtes barbaresques, alors que les nôtres défendaient la liberté. D’ailleurs, un de nos grands juriste a écrit un livre qui résume notre politique intitulé Mare Librum (mer libre). Sauf que les deux thèses se défendent et des modus vivendi furent retrouvés par la suite. L’histoire de la capture des marins a eu l’intérêt de tisser des relations. Le don de 7000 euros que j’ai fait, tout en restant symbolique, sert à raffermir les relations.

                                  Mais ne trouvez-vous pas que l’actualité bouscule un peu ce passé de relations mutuelles, surtout après la diffusion par le député néerlandais du film sur le Prophète. Votre geste ne risque-t-il pas d’en subir les contrecoups ?  

                                  Malheureusement, l’actualité coïncide avec cet événement malheureux. Au niveau de l’ambassade, on a entrepris une réelle pédagogie, en envoyant des explications faites par notre gouvernement. En expliquant, à cet effet, que la position du gouvernement n’est pas celle du réalisateur qui a, pour des raisons politiques, pris une attitude assez virulente. Nous avons une population de 16 millions d’habitants, dont plus de 1 million de musulmans, pour la plupart des Marocains et des Turcs. Nous avons une tradition de liberté de culte et d’enseignement. Nos églises ont souvent assuré l’enseignement et les services sociaux et sanitaires. Il est offert aux nouveaux venus les mêmes conditions. Sauf que le désavantage de cette politique est que les étrangers pratiquant leur foi, risquent de rester dans leur « ghetto », ce qui mène souvent à la confrontation. Un jour, dans un petit quartier habité par des Hollandais de souche, un Marocain s’est acheté un appartement avec une petite terrasse, et à l’approche du Ramadhan, il égorge un mouton, cela n’est pas « très bien vu ». Malheureusement, il y a certains groupes qui exploitent ces peurs pour des raisons politiques.

                                  La situation actuelle au Danemark s’explique-t-elle par des politiques nationales qui ne tiennent pas compte des réalités ?  

                                  Ne nous confondez pas avec le Danemark, dont le gouvernement n’a rien fait, alors que le nôtre a pris une position très claire en disant que ce n’est pas notre position et qu’on ne veut pas insulter les gens. Reste qu’il y a la liberté d’expression, mais on se rend compte que cette liberté doit se limiter à certaines normes de politesse. Le défi actuel est d’aider les communautés à vivre les unes avec les autres. On est souvent sévère avec notre politique d’immigration qui laisse les gens « trop libres », ce qui a provoqué le phénomène de ghettos. On voit actuellement de nouveaux venus qui s’intègrent, apprennent notre langue sans qu’on les y contraigne.

                                  La décision des Danois de « quitter » l’Algérie ne risque-t-elle pas de se reproduire chez vous avec toutes les tensions que connaît la région ?  

                                  Je n’ai pas de commentaires à faire sur la décision des Danois. Il n’y a pas eu de consultations à notre niveau, mais peut-être au niveau des capitales. Je pense que c’est une décision prise à la suite de certaines menaces. Nous avons, à un moment donné, pris nous aussi des décisions douloureuses en retirant notre personnel lors des années chaudes, plus exactement en 1994. Pendant presque deux ans, on n’a pas eu de personnel ici. En rétrospective, c’était regrettable parce que les contacts ne se bâtissent pas d’un jour à l’autre, mais les contacts peuvent se perdre d’un jour à l’autre. On est revenu en 1996 et je suis le quatrième à occuper le poste depuis la « réouverture » de la représentation.

                                  Les relations avec l’Algérie se sont raffermies, surtout dans le domaine économique, qu’en est-il exactement ?  

                                  Nous sommes un pays commerçant de tradition, et l’Algérie est devenue, depuis le début de la décennie, un élément important dans le domaine énergétique et tous s’en rendent compte. Cela est un atout de l’Algérie, puisque tout le monde est conscient du danger d’être coupé de la fourniture énergétique. L’afflux de la manne pétrolière permet aussi à l’Algérie de se lancer dans des projets énormes, nécessitant un transfert de technologie. Nous y prenons part. Des entreprises hollandaises ont de réels investissements en Algérie. Il y a Shlumberger, société anglo-néerlandaise, la brasserie Heineken, qui prendra de l’ampleur, l’autre entreprise, qui vient d’ouvrir à Constantine, est petite mais très intéressante, elle produit plusieurs sortes de piles solaires. Ces appareils sont exportés, pour la plupart, dans les pays d’Afrique noire et permettront aux villageois de s’éclairer à l’énergie électrique. J’aime beaucoup ce projet, car on voit qu’un investissement de l’autre côté de la Méditerranée peut installer une nouvelle activité économique destinée à l’exportation et qui aidera surtout l’Algérie à s’ouvrir.

                                  Quel est votre atout par rapport aux autres concurrents ?  

                                  Il y a un environnement économique qui laisse réticents nos investisseurs. La frilosité de la plupart des investisseurs s’explique par l’insécurité, la rareté du foncier et aussi le problème des banques qui suivent mal le développement. Vous avez du chemin à faire. Il est intéressant de créer une chaîne de production dans les domaines de l’agriculture et nous allons avec votre ministère de l’Agriculture monter des entreprises pilotes. Nous offrons par ailleurs des aides et des contrats se préparent déjà.

                                  Par Nadir Iddir  

                                   


                                   

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                                  23/05/2008
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