l'Exil de Jean Amrouche

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JEAN     AMROUCHE
          (1906-1962)

Je suis Algérien, c'est un fait de nature.Je me suis toujours senti Algérien.

Cela ne veut pas seulement dire que je suis né en Algérie,sur le versant sud

de la vallée de la Soummam,en Kanylie,et qu'un certain paysage est plus

émouvant,plus parlant,pour moi,que tout autre,fût-il le plus beau du monde.

Qu'en ce lieu j'ai reçu les empreintes primordiales et entendu pour la

premiere fois une mélodie du langage humain qui constitue dans les

profondeurs de la mémoire l'archétype de toute musique,de ce que

l'Espagne nomme admirablement le chant profond.Cela et bien plus;

l'appartenance "ontologique" à un peuple,une communion,une solidarité

étroite de destin,et par conséquent une participation totale,à ses épreuves,

à sa misère, à son humiliation, à sa gloire secrète d'abord,manifeste ensuite;

à ses espoirs, à sa volonté de survivre comme peuple et de renaitre comme

nation.

j'ètais, je suis de ce peuple,comme il est le mien.

(Jean Amrouche, Rabat,1958)

 

 

L'EXIL

Eboulez-vous montagnes

Qui des miens m'avez séparé.

laissez à mes yeux la voie libre,

Vers le pays de mon pére bien-aimé,

Je m'acharne en vain à l'ouvrage:

Mon coeur  là-bas est prisonnier.

.....................

Paix et salut, ô mon pays!

Mes yeux ont parcouru des Mondes

Ma vue est un orage de Printemps

Dans le tumulte des neiges fondantes

Mère, ô mère bien aimée,

Ah! l'exil est un long calvaire

                        Jean Amrouche (Traduction Française)

 

 

 

 

 

toujours Amazigh 

                  

OUVRAGES A DECOUVRIR

Sélection d'ouvrages disponibles sur le thème de la littérature du Sud

 

  • SEPULVEDA Luis - Le vieux qui lisait des romans d'amour - A.-M. Métailié, 1992. 130 p.
  • BEN JELLOUN Tahar - L'auberge des pauvres - Seuil, 1999. 295 p.
  • OKOUMBA-NKOGHE - Le chemin de la mémoire - L'Harmattan, 1998. 238 p.
  • KITEREZA Aniceti - Le tueur de serpents - L'Harmattan / UNESCO, 1999. 346 p.
  • OUARAB Moha - Chronique d'une élection dans le bled marocain - le thé de l'amitié - L'Harmattan, 1999. 359 p.

 

                                          

 

amazigh



exode (extrait)
Juba2

Je fête mes cinq ans en un gage ravi.
Dans ces larmes d'enfant un peuple survit.
J'exauce un rêve d'une attitude hautaine.
Je suis partout dans ces ruines romaines.
Je suis là en ce tombeau, un des pharaons.
Je vous regarde passer de ce perron.
L'histoire descendance, elle sera la clé.
Dans mes graphèmes, où tout est gelé.
De l'euphorbe aux sources du Nil.
Dans ma Libuca, qui n'est plus stérile.
Obnubilé j'endure, leste je parcours.
Ce rameau berbère et l'intrigue future.

Juba


Photobucket

 

 

 

La nostalgie de l'exilé


Je garde dans mon cœur, planté comme une écharde,
Le mal de ce pays lointain où je suis né
Au soleil éclatant de Méditerranée,
II est là quand le soir ma nostalgie s'attarde

A remonter le temps au fil des souvenirs,
Du tout petit enfant en mal de devenir
A l'adulte comblé de bonheurs qui musardent.
Il est là quand le soir ma nostalgie s'attarde

Et qu'elle s'en va rejoindre le grand coin des poètes
Il est là pour toujours comme un doux air de fête
Il m'apparaît alors dans un halo lointain,
Accroché à ma vie de tous ses clairs matins,

De ses nuits étoilées, de ses forêts profondes
De ses sables dorés de la lumière blonde...
Un visage, une voix, quelques mots retrouvés,
Une photo jaunie aux teintes délavées,

Les élèves de l'école aux têtes brunes ou blondes
Les vivants et les autres qui ont quitté ce monde.
Il est là mon pays il me prend par la main
Et je pars avec lui retrouver les chemins

Des bonheurs envolés au rythme des saisons
Et je pousse une porte, elle est là, ma maison,
Mes souvenirs m'apportent un bonheur des plus fous,
Dans cette ville bénie des Saints, Tizi-ouzou,

Ils sont là mes parents, présents en permanence,
Avec le réconfort de leur tendre présence
Et je leur tends les bras et mon cœur apaisé
Comme un petit enfant les couvre de baisers.

Poeme offert par : Dorsey

 

 

 



Article ajouté le 2007-12-17 , consulté 297 fois

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