REVUE DE PRESSE "Egypte-Algérie"

REVUE DE PRESSE

Les relations diplomatiques se dégradent de jour en jour

entre l'Egypte et l'Algerie

c'est bien entendue l'Egypte,qui enclanche les

hostilitées d'abord physiques et ensuites verbales.

Je vous propose donc, Une revue de Presse sur cette

situation.

Nationale et Internationale

Le Débat est Ouvert

Réagisez en fin de pages

Extrait du Quotidien Liberté

le 24/12/2009

Temoignage

Témoignage (Jeudi 24 Décembre 2009)


 

Outré par la campagne médiatique égyptienne
Un ancien pilote algérien de la guerre de 1973 révèle
Par : Salah Yermèche

Depuis la qualification de l'Algérie pour le Mondial 2010 en Afrique du Sud, les Algériens, notamment les étudiants, résidant dans ce pays "frère", n'ont cessé de faire l'objet d'agressions haineuses et de violences de la part des Égyptiens.

Ouvert par les officiels (le président Moubarak et sa progéniture) et par les "intellectuels" (médias et politiques du pays des Pharaons), le bal de la haine n'a pas cessé, à ce jour, d'être nourri à travers les divers canaux de la presse égyptienne, pendant qu'en Algérie, officiellement, la règle "d'encaisser et se taire" règne. Tout au long de cette campagne, un ancien pilote, originaire des Ouadhias (Tizi Ouzou), révolté, à l'instar de ses concitoyens à travers le pays, ne dort plus ; il ne fait qu'écouter et suivre, nuit et jour, les déclarations révoltantes des intervenants de ce pays "frère" pour lequel il avait combattu comme aviateur, pendant "la guerre du Kippour" (ou guerre du Ramadhan) en octobre 1973, contre l'armée israélienne. Pour chaque insulte, notre aviateur, Dlim Abdelkader, aujourd'hui 60 ans, répond, non pas par des insultes, mais par des vérités ; il ne veut pas se taire ; il répond par des écrits dont certains ont été repris par des titres de la presse nationale privée et sur Internet. "Je ne dors plus, depuis l'acte de brûler notre emblème national, la profanation contre nos glorieux martyrs par des Égyptiens, se disant intellectuels, journalistes ou artistes. Je passe des nuits blanches en noyant mon amertume et ma révolte intérieures dans l'encre de ma plume sur des feuilles d'un cahier vierge", dira cet ancien blessé pour l'Égypte dans la guerre du Kippour.
Dans un de ses écrits, intitulé "Pleure, ô Misr bien-aimée !" un titre qu'il dit avoir emprunté à un célèbre auteur afro-américain (Pleure, ô pays bien-aimé !), l'ancien aviateur algérien qui a versé son sang, en 1973, au champ de bataille en terre égyptienne, est révolté au plus haut point par ce type de comportement des Égyptiens, "bernés par leur classe dirigeante avec des discours démagogiques, de fausses déclarations et fausses promesses, et qui se voient obligés d'insulter l'Algérie à cause d'un match de football, au lieu de penser à comment se libérer de la servitude des fossoyeurs et des assassins de leur pays". "Misr ! Tu ne mérites pas ça !" lance-t-il, ajoutant : "J'espère pour toi qu'un jour un homme de la trempe du général Saad Eddine Chazli émergera et mettra un terme à ton asservissement", écrit-il encore, invitant "ce qui reste de digne" dans cette Misr, à regarder plutôt autour d'elle ; tous les ministères, les directions et les postes-clés sont tenus par une même famille et ses proches. "Il est temps de te secouer et d'agir, l'ère de l'asservissement est révolu",  ajoute l'ancien aviateur à l'adresse du peuple égyptien. Dans ses écrits, il n'hésite pas à dévoiler pour ce dernier certains exemples "d'aide" de l'Égypte officielle à l'Algérie pendant la lutte armée de libération nationale de 1954 : Le refus du Caire d'installer le siège du GPRA en Égypte, d'où son transfert (alors) à Tunis, le refus de l'Égypte, par peur de représailles de la France, d'affronter l'équipe du FLN qui, pourtant, évoluait dans tous les stades du monde ; la cargaison d'armes neuves offerte par la Yougoslavie au profit de l'ALN, mais qui fera l'objet d'échange au Caire par de vieilleries égyptiennes, avant d'être mises dans un bateau en partance vers le Maroc. Avant d'arriver à destination, cette même cargaison, sur renseignements des "moukhabarat" égyptiens, sera arraisonnée par la marine française.
Encore, après juillet 1962, c'était avec "l'aide" ordonnée du Caire de Nasser que le jeune et brillant ministre des AE de l'Algérie indépendante, Mohamed Khemisti, fut assassiné en avril 1963, payant ainsi de sa vie son opposition au bradage du pays au profit de l'Égypte. En 1967 (guerre des
6 Jours), lorsque les positions affectées aux unités de l'armée algérienne, dont certaines "rahou dahia" (sacrifiées), furent minées préalablement, et d'autres transmises aux forces israéliennes, les mêmes moukhabarat égyptiens n'étaient pas moins d'un "grand concours" de… délation au profit de l'ennemi israélien. Toujours en 1967, lorsque la bataille faisait rage, après les bombardements des aérodromes égyptiens, Le Caire fait fuir ses bombardiers stratégiques à long rayon d'action (TY16) vers l'Algérie pour les cacher à Laghouat, au lieu de les engager dans la bataille. En 1973, au 2e jour de la guerre du Kippour, lorsque le lieutenant Drif traversait la frontière égyptienne aux commandes de son Soukhoï, venant de Libye pour combattre aux côtés de ses "frères", il se fit abattre par ces… derniers. Pourtant il venait de l'Ouest, alors que le vrai ennemi était positionné à l'Est. Son équipier réussit à s'en sortir en opérant un atterrissage forcé sur une route en rase campagne. Encerclé par ses "frères" égyptiens et soudanais dans la zone où il venait de crasher, il y passera un sale quart d'heure en raison de son teint blanc et de son incapacité de bien parler… arabe. "Lorsque, la même année, mon escadron basé à Hilouane, devait être transféré, l'information fut transmise aux Israéliens qui bombardèrent l'aérodrome de notre destination à l'heure de l'atterrissage initial + une minute. Heureusement que cet escadron avait eu un incident technique et le décollage fut… annulé. Autrement dit aujourd'hui…", notre interlocuteur ne serait pas devant nous, voulait-il nous signifier précisément. Dans un autre document, notre ancien aviateur, révulsé par le traitement du raïs égyptien envers l'Algérie lorsqu'il déclare que "la Révolution et l'indépendance de l'Algérie sont l'œuvre de l'Égypte",  le million et demi de martyrs sont des chiens, je mets au défi ceux-là mêmes, officiels ou autres, qui dénigrent l'Algérie et ses chouhada, de trouver un seul nom de martyr égyptien mort pour l'Algérie pendant la guerre de libération nationale. "Ils ne trouveront pas, parce que tout simplement, il n'existe pas…" Dlim Abdelkader écrit encore pour montrer la lâcheté de l'Égyptien : "En 1967, les bases aériennes égyptiennes ne disposaient pas de "douchmas" (abris en béton armé surmonté d'une dune de sable) et les aéronefs étaient parqués en surface. Dans leurs opérations de camouflage, les Égyptiens ont dressé des maquettes d'avions grandeur nature. Durant les bombardements par les Juifs des aérodromes (Belbeis, Katamia, Inshas, Kouisna et bien d'autres), tous les avions ont été détruits, mais pas une maquette n'a été… touchée". Plus loin, il ajoute : "Le Masri est un serpent que le monde arabe a réchauffé en son sein. La preuve, durant la guerre du Kippour, l'armée irakienne avait fait des merveilles à tel point que l'état-major égyptien demandait toujours des escortes de l'aviation irakienne. En reconnaissance, l'Égypte a rejoint la coalition pour l'invasion de ce même Irak par les Américains, avec un effectif supérieur à 500 000 hommes. Pour remonter le moral aux GI's américains, on sait ce que l'Égypte a fait, comme d'ailleurs ce fut le cas aussi en 1974 (…) à Gizeh pour "détendre"… Henry Kissinger. "La dignité de l'Égyptien est la dignité de l'Égypte, la sécurité du Masri à l'extérieur est sous la responsabilité de l'État. L'État est en mesure d'assurer la sécurité de ses ressortissants", dira le raïs égyptien en direct à la TV, visant l'Algérie.
Faut-il rappeler à M. Moubarak que durant la guerre d'usure, les Juifs avaient fait une incursion à l'intérieur du territoire égyptien, pour démonter et embarquer un radar P30, avant de repartir à l'aise sans être inquiétés. Alors une question à 2 ginins pour M. le Raïs : (…) "Si l'envie vous prend de tenter l'expérience, je me permets de vous répéter ce que vous avez dit à Moshé Dayan lors d'une conférence de presse au début de la guerre du Kippour  (…)". "M. Moubarak, le Masri a livré sa dignité toute nue (…) au kilomètre 101, il l'a abandonnée et immolée derrière l'océan à Camp David, dans le Sinaï… et la liste est longue, prouvant que le Masri n'a plus de dignité ni d'honneur. Rappelez-vous, en remontant un peu dans la préhistoire, ce que la reine d'Égypte, Cléopâtre, avait osé, pour Antonio, au lieu de combattre l'empire romain comme l'avaient fait les rois berbères ?" L'aviateur des Ouadhias durant la guerre d'octobre 1973 adresse néanmoins ses "mille excuses" à Cherifa Hanem, cette "grande dame au cœur noble, digne fille d'Égypte et grande artiste qui a chanté à la mort de son fils, pilote de chasse, abattu durant la guerre du Kippour". "Lors de vos visites à l'hôpital des forces aériennes pour nous assister et nous remonter le moral, vous voyiez à travers chaque pilote votre enfant chéri. N'étant pas Égyptien et parlant très mal arabe, vous m'aviez porté votre préférence en me fredonnant sur mon lit d'hôpital le refrain de votre célèbre complainte dont je me rappelle le moindre détail en décelant vos sanglots voilés. Oui, Madame, vous êtes une digne mère de héros. Vous-même êtes une héroïne, titre de votre chanson dont voici quelques bribes : "Mon fils, mon amour / Ô lumière de mes yeux / tu es tout le temps cité comme exemple / tous les amis m'assistent et me félicitent / bien sûr ! C'est normal, je suis mère de héros". "Si vous êtes toujours de ce monde, que Dieu vous prête longue vie (...) Votre générosité n'a d'égale que votre bonté. Loin de chez moi et des miens, vous aviez su me faire prendre mon mal en patience. Très attentive et patiente, vous aviez bien ri de mon baragouinage trilingue pour me faire comprendre. Ce baragouinage avait agi comme un élixir sur vos assistantes bénévoles de la Croix et du Croissant-Rouges. Aujourd'hui, je m'en veux de vous avoir utilisée pour emberlificoter Denise, Nouna, Touha, Rabab, Saloua… (…). À mon corps défendant, les médias égyptiens n'ont pas été de mainmorte envers nous avec leurs tissus de mensonges, d'injures (…) sous l'œil complice des autorités. La goutte qui a fait déborder le vase était l'emblème national, incendié par un groupe d'avocats et le million et demi de martyrs traités de chiens et de sangliers. Mon sang n'a fait qu'un tour et je me suis déchaîné. J'ai mis à nu l'Égyptien, dévoilé ses secrets, démontré ses incapacités et ses inaptitudes, j'ai exhibé à l'opinion internationale son vrai visage et ses vrais desseins. Chez nous la révolution, l'emblème national, les chouhada et l'unité nationale sont sacrés et nul n'a le droit d'y toucher. Comme on dit, "qui s'y frotte s'y pique". Aujourd'hui, j'éprouve des remords, pour vous, Madame, suite à toute la vérité dévoilée sur vos politiques, après ce scandale, suscité par eux, à cause d'un match de football. Mille excuses, pour vous seule, Madame, de la part du pilote algérien, blessé et alité dans un hôpital militaire égyptien, et que vous aviez considéré comme un fils", conclut enfin Dlim Abdelkader.

 

 

l'Editoriale

El Watan

Ali Bahmane (Novembre 2009)

Le scénario Moubarak



 

Au lieu de mettre un terme à l'escalade guerrière anti-algérienne dans son pays, le président Moubarak s'est fendu d'une menace à peine voilée contre notre pays, preuve en est qu'il est à la source de tout ce qui s'est passé au Caire : agression contre l'équipe nationale algérienne, chasse aux ressortissants algériens orchestrée par les services de sécurité puis hystérie médiatique. Le raïs égyptien expérimente la technique dite de « l'agresseur qui crie à l'agressé » rodée par les Israéliens, experts mondiaux dans l'art de la confusion entre le bourreau et la victime. Ces Israéliens avec lesquels a été conclue une honteuse paix séparée, Le Caire décidant un jour de se désolidariser des autres pays arabes, plantant ainsi un coup de couteau dans le dos des Palestiniens. De trahison en trahison, jusqu'à pousser à l'asphyxie mortelle de Ghaza et de ses habitants, devant lesquels a été fermée sur ordre de Moubarak la frontière avec l'Egypte alors qu'avançaient les troupes israéliennes. En parlant – étrangement – de dignité, le raïs s'est bien gardé de voir le drapeau israélien qui flotte victorieusement sur l'ambassade située en plein cœur du Caire.

Il a pointé par contre du doigt l'Algérie, un pays qui a rempli tous ses devoirs à l'égard de la lutte des Palestiniens, y compris militaires, en envoyant des bataillons de l'ANP sur les champs de bataille lors des invasions israéliennes. En réalité, Moubarak a fomenté tout ce scénario pour un double objectif : détourner l'attention de ses 80 millions de concitoyens de leurs incroyables difficultés dans un pays qui n'arrive pas à leur assurer un minimum de conditions de vie et rendre « politiquement correcte » la préparation de son fils Gamal à sa succession. A coups de milliards tirés de la corruption, le clan Moubarak a fait main basse sur l'Egypte. La grande masse égyptienne est bâillonnée par le biais d'un appareil répressif qui n'a pas son équivalent dans le monde arabe, appuyé par un énorme système de propagande tissé autour de grands groupes de presse, surtout audiovisuels, d'apparence privés pour la plupart, mais en réalité inféodés au pouvoir.

Celui-ci ne rate aucune occasion pour se confectionner un habit de « respectabilité », l'objectif étant de plaire aux grandes capitales occidentales dont le maintien du statu quo politique en Egypte est vital à leurs yeux, car il garantit la pérennité d'Israël dans ses frontières actuelles. Le deal entre l'Occident et Le Caire est le meilleur rempart pour Israël. Il est entretenu par des milliards de dollars d'aide et une diplomatie offensive privilégiant Le Caire dans les grands forums internationaux. Le seul où l'Egypte a trébuché a été l'Unesco, précisément en raison d'une phrase anti-israélienne de son favori. L'Occident sait châtier même ses alliés les plus fidèles lorsqu'il s'agit d'Israël. Une manière d'avertir Le Caire qu'il ne saurait tolérer, pour l'avenir, une autre incartade. L'Egypte est dans un piège total.

Par Ali Bahmane



 

Algérie-Egypte

Source APS-El Watan du 22/11/2009

Medelci convoque l'ambassadeur égyptien

Le ministère des Affaires étrangères a convoqué vendredi l'ambassadeur d'Egypte à Alger, qui a été chargé par le ministre, M.Mourad Medelci, de transmettre aux autorités de son pays "l'incompréhension et la grande préoccupation" des autorités algériennes devant l'escalade de la campagne médiatique en Egypte, indique le ministère dans un communiqué.



 

M. Medelci a exprimé l'espoir qu'il soit mis "instamment" un terme à cette campagne "qui ne sert pas les intérêts des deux pays et des deux peuples", précise-t-on. Le ministre a, en outre, rappelé que l'Algérie "a pris toutes les mesures dans le sens de l'apaisement" avant, durant et après les deux rencontres de football, et mis en place un "dispositif sécuritaire renforcé en vue d'assurer la sécurité des ressortissants égyptiens, et de leurs biens en Algérie", ajoute le communiqué.

 

Courrier Internationale

Extrait de Presse

Le ministre des Affaires étrangères égyptien, Ahmed Aboul Gheith, a dû se résoudre à parler foot avec son homologue algérien Mourad Medelci. Il est plutôt habitué à aborder les questions économiques ou culturelles quand il est en déplacement à l'étranger, mais ce sujet a été ajouté à la dernière minute sur l'agenda de sa visite à Alger. C'est une première pour un chef de la diplomatie égyptienne, pour qui le sport n'a jamais été un sujet de prédilection. Ce n'est pas qu'il se soit soudainement découvert une passion ou que son interlocuteur algérien lui ait communiqué un hypothétique intérêt pour la chose. Non, le foot s'est invité tout seul dans les relations entre Le Caire et Alger. Car, le 14 novembre, les équipes nationales s'affronteront dans un match décisif pour leur participation à la Coupe du monde de football, organisée en Afrique du Sud en 2010.

Or l'affaire ne se place pas uniquement sur le terrain sportif, mais s'est transformée en véritable casse-tête pour les relations bilatérales. Et il y a fort à parier qu'elle ne se terminera pas avec le coup de sifflet final. Les jeunes des deux pays se livrent quasiment la guerre par forums Internet interposés, s'abreuvant d'insultes et rivalisant de vers ridiculisant l'ennemi. Ces batailles électroniques sont allées jusqu'à des attaques personnelles. Des hackers algériens ont infiltré des sites égyptiens pour y introduire des photos des joueurs de l'équipe adverse affublés de visages de chanteuses de variétés cairotes. Si quelqu'un avait imaginé cela il y a dix ans, personne ne l'aurait pris au sérieux. Les deux équipes se sont déjà affrontées des dizaines de fois, chacune ayant remporté des victoires et subi des défaites, généralement dans le respect de l'esprit sportif. Jamais ces rencontres n'avaient eu un tel impact sur la population ou de répercussions sur la politique. En dix ans, les mentalités se sont-elles crispées au point de tacler des vérités historiques qu'on croyait inébranlables ? Le sentiment de l'unité arabe est-il donc si mal en point ? Ce spectacle navrant va-t-il s'étendre à l'ensemble des pays arabes ? Autant d'interrogations qui agitent aujourd'hui les intellectuels égyptiens. Pourquoi les Egyptiens se montrent-ils si fiévreux à l'approche du match ? Et pourquoi les Algériens font-ils autant preuve d'esprit tribal ? L'explication est simple : les habitants du Caire ont besoin d'une bonne nouvelle, quelque chose qui les fasse danser dans la rue jusqu'au petit matin, comme lors de la qualification de l'Egypte au Mondial en 1990. Ils attendent une vague d'enthousiasme qui balaierait frustrations et problèmes. Les seuls moments qu'ils apprécient dans la vie de tous les jours sont ceux où ils discutent du ballon rond. Tous leurs espoirs reposent sur les épaules des joueurs. Jamais ils ne se sont autant intéressés aux entraînements, au point que le sélectionneur Hassan Shehata les organise dans la plus grande discrétion à Assouan, la province la plus reculée de l'extrême sud du pays. L'homme agit comme s'il était en train de préparer une bataille de blindés. Même attitude chez les Algériens, dont les entraînements sont entourés du secret le plus opaque. Là encore, la population aspire à quelque chose de joyeux pour oublier la situation économique désastreuse et le terrorisme qui pointe son nez de temps à autre. Tout cela explique pourquoi les esprits sont surchauffés. Tout le monde semble avoir perdu ses nerfs, et on s'attend à des violences autour du stade. Un jeu mérite-t-il une telle charge de haine réciproque ? Surtout que, il y a cinquante-trois ans, l'Egypte a aidé la résistance algérienne face au colonisateur français en lui fournissant des armes et en organisant sur son territoire des entraînements aux tactiques de guérilla. C'est ce soutien inconditionnel du Caire qui avait poussé la France, en 1956, à se joindre aux Britanniques et aux Israéliens pour occuper le canal de Suez nationalisé par Nasser. Quand, six ans plus tard, l'Algérie obtient son indépendance, la première déclaration de son premier président, Ahmed Ben Bella, va à l'Egypte, pour la remercier d'avoir fait plus qu'aucun autre pays pour la libération du pays.

Si aujourd'hui un match de foot ébranle tant le sentiment arabe, cela veut dire qu'il était déjà bien entamé. Les vingt dernières années ont produit un repli sur soi dans toute la région. Les intellectuels égyptiens panarabistes restent bouche bée devant ce phénomène. Il ne leur reste que les yeux pour pleurer la belle idée de l'unité arab
e.

 

Les répercutions Commerciales en l'Algérie et l'Egypte

au sujet de l'Opérateur "DJEZZY"

Le Quotidien "Jour d'Algerie"

19/11/2009

Des clients de Djezzy décident de changer de puces

Afflux vers Nedjma et Mobilis

Les incidents qui ont émaillé l'avant et l'après rencontre opposant samedi passé au Caire la sélection des Verts aux Pharaons, conjugués aux appels émanant de parlementaires algériens à boycotter les produits égyptiens ont à un certain degré l'écho attendu, notamment dans le domaine de la téléphonie mobile.

Rencontrée à la place Maurice Audin d'Alger, Sakina âgée de 22 ans avoue qu'elle a la ferme intention de changer de puce téléphonique, pour passer de l'opérateur Djezzy à l'un de ses concurrents. «J'attends de consommer le crédit que j'ai dans ma SIM Djezzy et je m'abonnerai après auprès d'un autre opérateur», a déclaré la jeune femme comme pour témoigner de son indignation «pour ce que nos compatriotes ont subi en Egypte». Même si cet avis est partagé par la majeure partie des personnes que nous avons interrogées, Salim âgé de 29 ans, compte garder sa puce Djezzy en expliquant que «même si je supporte pleinement les Fennecs dans leur mission et que ce qu'ils ont subi au Caire m'a profondément affecté, je préfère ne pas confondre ma passion avec autre chose. En plus, cela fait un bon moment que je suis titulaire de la puce Millinium et franchement elle me convient bien. En plus des raisons que je viens d'évoquer, ce qui me motive à la garder c'est le fait que tous mes correspondants ont ce numéro et je ne suis pas prêt à tout recommencer à zéro».

Afin d'avoir de plus amples informations sur l'impact que l'appel au boycott des produits égyptiens a eu sur la filiale d'Orascom Telecom, nous avons tenté de joindre hier par téléphone les responsables de la compagnie, mais nos tentatives sont restées vaines. En revanche, le chargé de communication de l'opérateur historique Mobilis, Mohamed Salah Daas, a confirmé que les agences et points de vente de l'opérateur historique ont connu une grande affluence de clients qui ont souhaité se procurer les produits  Mobilis. «Nous avons enregistré un grand engouement ces derniers jours sur les différents points de vente et agences que compte notre compagnie à travers le territoire national. Et parmi tout ce monde, il y a évidemment de nouveaux clients». Selon notre interlocuteur, la raison de ce rush vers Mobilis est d'abord due aux actions de sponsoring faites par Algérie Télécom qui a contribué avec 20 millions DA au transport des supporters algériens à Khartoum. En plus, «Mobilis a mobilisé une équipe commerciale au niveau de la salle d'embarquement de l'aéroport Houari- Boumédiène pour remettre aux supporters des SIM avec un crédit de 2 000 DA. Nous souhaitons qu'ils gardent les puces avec eux une fois rentrés au pays comme souvenir surtout si l'équipe algérienne gagne».  Même son de cloche du côté de Nedjma. Pour son directeur des relations publiques, Ramdane Djazaïri, les opérations de marketing et de sponsoring de Nedjma commencent déjà à donner leurs fruits. Pour preuve, le slogan «Mâak ya l'khedra…» que nous avons lancé est devenu l'hymne de l'équipe nationale et il est repris partout. Il faut également souligner que «l'image de marque de Nedjma a été consolidée avec toutes ces actions», a-t-il annoncé. Pour ce qui est de l'affluence sur l'achat de produits Nedjma ces derniers jours, notre interlocuteur a répliqué : «Nous avons de tout temps eu de la clientèle» semblant ainsi ne pas vouloir faire le lien entre ce qui se passe pour son concurrent pour ne pas  instrumentaliser la situation. Sur un autre registre, Djezzy a tout au long de la journée d'hier envoyé des SMS à ses clients les informant que «des cartes de recharge volées et inutilisables sont sur le marché», les invitant ainsi à «utiliser flexy uniquement». Car il est utile de rappeler que lors des saccages de certaines agences de Djezzy, des cartes de recharge et des téléphones portables ont été volés et mis sur le marché à moindre prix. Ceci a fait que des clients Djezzy ont été séduits pour se les procurer.            

Par Hafid Mesbah

 

 

EL WATAN

Extrait:

19/11/2009

Le flegme et la retenue manifestés (allez savoir si c'en est vraiment !) par les autorités algériennes vis-à-vis du lynchage prémédité dont ont été victimes, samedi au Caire, des dizaines de supporters de l'équipe nationale sont tout simplement inadmissibles. Nous n'en savons encore rien, mais il est fort possible qu'en allant soutenir l'équipe nationale, des Algériens aient péri dans la capitale égyptienne, poignardés par les hommes de main du régime de Hosni Moubarak. Avec du recul et avec toute la pondération exigée en pareil cas, il est également inacceptable que l'Etat – qui est supposé protéger ses citoyens – n'ait pas manifesté la moindre petite réaction après que le bus de l'équipe nationale eut été saccagé par les Egyptiens et que des joueurs eurent été blessés à coups de jets de pierres. Cela à plus forte raison que c'est l'équipe nationale, symbole de notre souveraineté nationale, qui a été visée. Sous d'autres cieux, pour moins que cela, des gouvernements ont rappelé leurs ambassadeurs et rompu leurs relations diplomatiques avec des nations hostiles. Car, dans le fond, que peut-il rester de fraternité, d'amitié et de courtoisie lorsqu'un gouvernement paye des voyous pour s'attaquer à une équipe nationale de football et passe à tabac des supporters sans défense ? Quelle valeur peuvent bien avoir ces mots lorsqu'un chef d'Etat, Hosni Moubarak en l'occurrence, demande la veille du match aux joueurs de son équipe nationale de « gagner la rencontre contre l'EN d'Algérie quel qu'en soit le prix » ?

Face à de tels comportements lâches, indignes et barbares des autorités égyptiennes, le minimum aurait été que la présidence de la République rende public un communiqué véhément pour dénoncer le traquenard dans lequel sont tombés les Algériens et convoquer pour gronder vertement l'ambassadeur d'Egypte à Alger. Il aurait aussi fallu, pourquoi pas, demander carrément l'annulation du match. Surtout que la FIFA, malgré ses promesses, a fini par fermer les yeux sur les dépassements égyptiens. Cela ne se discute pas : la vie de nos concitoyens et la dignité des Algériens ont bien plus de valeur qu'une partie de football. Au lieu de cela, c'est le silence radio. Pis encore, nos ministres et nos diplomates en poste au Caire passent leur temps à minimiser la gravité des faits et à afficher des sourires de banane dans les chaînes de télévision égyptienne. Inutile d'en dire plus : dans cette affaire, il semble que le choix a été fait de passer la dignité et la fierté nationales au second plan. Comble de l'affront et de l'humiliation, c'est l'agresseur qui se met dans la peau de l'agressé. Contre toute attente – et au moment où des familles entières attendent à l'aéroport d'Alger le ventre noué d'inquiétude le retour du Caire de leurs enfants dont ils sont restés sans nouvelles depuis des jours –, c'est le ministre égyptien des Affaires étrangères qui a annoncé hier avoir convoqué l'ambassadeur d'Algérie au Caire pour demander aux autorités algériennes d'assurer la sécurité des ressortissants égyptiens sur son sol. Et puis quoi encore !? Il ne manquerait plus que le Caire demande aux Algériens de réprimer les supporters qui défilent à travers le pays depuis des jours. Malheureusement, tel que nous le connaissons, notre pouvoir serait capable de s'exécuter. Non messieurs, l'Algérie mérite beaucoup mieux !

Par Zine Cherfaoui   El Watan

 

Par LOUNES de (Tamanrasset)

Extait de l'Equipe

L'Algérie qualifiée au Mondial 2010
Rabah Saâdane, entraîneur à vie
Une extraordinaire mobilisation populaire, médiatique et gouvernementale a insufflé aux joueurs algériens une force physique et mentale qui leur a permis de battre une solide équipe égyptienne et se qualifier au Mondial 2010.

Cette victoire est celle de tout un peuple uni derrière son équipe nationale. Mais elle est surtout celle d'un homme, l'entraîneur Rabah Saâdane. Faisant toujours preuve d'une grande humilité, il a acquis popularité et notoriété grâce à un parcours semé de trophées.

Saâdane dirigeait déjà l'Algérie au Mondial 1986, il y a de cela 23 ans. Les joueurs qu'il coache aujourd'hui, et les milliers de supporters qui ont envahi Khartoum, étaient des gamins ou n'étaient même pas nés.

La FAF avait choisi de le rappeler, pour la cinquième fois en octobre 2007. Il fut déjà membre du staff en 1981-1982, puis coach en 1984-1986, 1999, 2003-2004. Saâdane venait juste de remporter la Ligue des Champions arabes avec l'ES Sétif. Avant de revenir en Algérie, il avait fui la traversée du désert du football national en allant entraîner le Raja Casablanca au Maroc, l'Etoile du Sahel en Tunisie et le Yemen.

La satisfaction sincère de cette qualification tant attendue, qui fait chaud au cœur dans un pays trop habitué aux défaites, ne doit surtout pas cacher les anachronismes d'un Etat qui marche à reculons sans jamais savoir consolider ses acquis ni les fructifier. Que s'est-il donc passé entre 1986 et 2009?

Comme tous les autres secteurs, le football algérien a été saboté par les impostures, l'amateurisme et l'incurie à la tête des instances dirigeantes des clubs et de la fédération. Des opportunistes obscurs qui n'ont rien à voir avec le football ont chassé les vrais footballeurs qui ont gravé leurs noms dans le marbre de nos mémoires sportives. Tous les ressorts d'organisation et de fonctionnement qui doivent relier les générations et transmettre les flambeaux des victoires ont été cassés.

Rabah Saâdane est un des fruits du travail de fond accompli par les grands joueurs de la glorieuse Equipe du FLN qui ont servi de modèles à des générations de footballeurs (Bentifour, Arribi, Kermali, Maouche, Zitouni, Mekhloufi, Soukhane, Rouaï, Zouba, ...).

Le plus célèbre d'entre eux, Rachid Mekhloufi, reste le meilleur joueur et buteur de l'histoire du club de Saint-Étienne avec 116 buts. Des sommités du football français, comme Aimé Jacquet ou Jean-Michel Larqué, qui ont joué à ses côtés, parlent encore de lui sur le ton de la déférence comme leur Maître. Son passage à Saint-Etienne avait marqué le club, suscité des vocations, et préfiguré les formidables épopées des Verts stéphanois.

Après l'indépendance et la fin de leur carrière, Mekhloufi et tous ces footballeurs émérites du FLN, qui ont prouvé leur nationalisme sur le terrain, ont pris en main les structures des clubs et des équipes nationales. C'est à eux qu'on doit l'éclosion de toute une pépinière des joueurs talentueux des années 70 et 80, dont l'aboutissement a été la victoire historique contre l'Allemagne au Mondial 1982. Le monde du football découvrait de surprenants joueurs faisant preuve d'une «parfaite maîtrise technique et d'une conduite souveraine du ballon». Une nouvelle génération de footballeurs avait pris la relève de l'Equipe du FLN. A cette époque, tous les joueurs émigrés rêvaient d'endosser le maillot national, comme Dahleb, Zitouni, Korichi, Maroc, etc...

Les joueurs locaux les plus talentueux ont été courtisés par les clubs européens, comme Madjer, Assad, Belloumi, Guendouz, ... L'Algérie devenait un producteur de footballeurs de talent qui s'exportaient comme le Brésil, l'Argentine ou la Yougoslavie.

Que reste-t-il aujourd'huides héritages sportifs de ces générations glorieuses? Rien. Des imposteurs à la tête des clubs et de la fédération ont chassé les Mekhloufi, Madjer, Assad, Belloumi, ... D'illustres inconnus qui se disputent comme des joueurs de quartier ont pris la place des professionnels connus et respectés mondialement.

Rachid Mekhloufi se morfond dans sa maison d'El Marsa en Tunisie. Rabah Madjer en a marre de jouer au commentateur sportif pour des télévisions. Salah Assad a été interné quatre ans dans les camps du sud. Meziane Ighil et Lakhdar Belloumi ont été jugés dans l'affaire Khalifa. Guendouz et les autres ont disparu, chassés de l'encadrement du football national.

L'appât du gain a gangrené des dirigeants affairistes et des joueurs «starlettes». Les clubs ne produisent plus de footballeurs de talent, à part quelques exceptions qui confirment la règle et ne cherchent qu'à s'expatrier.

Sur les 24 joueurs sélectionnés pour les matchs de qualification au Mondial 2010, les deux tiers jouent dans des clubs étrangers. La plupart sont nés, ont grandi et ont été formés à l'étranger. Sur la dernière feuille de match du onze rentrant àKhartoum, il n'y avait qu'un seul joueur local, le surprenant gardien de butde l'Entente Sétif, Fawzi Chaouchi, héros d'un soir.

Rabah Saâdane a réussi à bâtir une équipe soudée et solidaire sur le champ de ruines du football national grâce à desprofessionnels au fort sentiment patriotique comme Ziani, Yahia, Belhadj, Saifi, Mansouri, ...

Malgré cette qualification fort bienvenue, il ne faut surtout pas se voiler la face et se bercer d'illusions. Le rappel de Saâdane est en soi un terrible aveu d'échec. Le syndrome du président à vie et du premier ministre à vie va-t-il aussi devenir celui de l'entraîneur à vie?

Le football n'est pas seul à subir l'incompétence, la régression et la décadence de la gouvernance du pays. D'autres sports qui avaient hissé haut l'hymne et le drapeau algérien ont périclité dans l'indifférence générale, comme le hand-ball de Aziz Derouaz ou l'athlétisme de Nourredine Morceli.

Saâd Lounès



Article ajouté le 2009-11-20 , consulté 53 fois

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